Une entreprise peut accumuler au fil des années de nombreux documents : factures, contrats, pièces comptables, documents sociaux, dossiers du personnel ou correspondances commerciales.
Ces documents ne doivent pas tous être conservés pendant la même durée. Les délais dépendent de leur nature et, pour certains d’entre eux, d’un point de départ précis.
Lorsqu’ils occupent trop de place dans les locaux professionnels, un box de self-stockage peut constituer une solution pour entreposer des archives papier, à condition de vérifier que les conditions de conservation, de sécurité, d’accès et d’assurance sont adaptées.
Ce guide présente les principaux points à vérifier avant d’utiliser un box pour le stockage d’archives d’entreprise.
Pourquoi une entreprise doit-elle conserver certains documents ?
Une entreprise doit conserver pendant une durée minimale différents documents produits ou reçus dans le cadre de son activité.
Ces obligations peuvent notamment concerner les documents :
- comptables ;
- fiscaux ;
- commerciaux ;
- sociaux ;
- relatifs aux salariés.
Les délais ne sont pas identiques pour toutes les catégories. Ils peuvent également dépendre de la date de clôture d’un exercice, de la fin d’utilisation d’un registre, du départ d’un salarié ou encore de la disparition juridique d’une société.
Il est donc préférable d’identifier chaque catégorie de documents avant de déterminer sa date de destruction.
Combien de temps conserver les archives d’une entreprise ?
Voici quelques-uns des principaux délais indiqués par Entreprendre.Service-Public.fr.
| Type de document | Durée minimale de conservation | Point de départ ou précision |
|---|---|---|
| Livres et registres comptables | 10 ans | À partir de la clôture de l’exercice |
| Factures clients et fournisseurs et autres pièces justificatives comptables | 10 ans | À partir de la clôture de l’exercice |
| Documents fiscaux | 6 ans | Selon le document et les règles fiscales applicables |
| Contrats et correspondances commerciales | 5 ans | Durée générale indiquée pour cette catégorie |
| Comptes annuels | 10 ans | À partir de la clôture de l’exercice |
| Statuts d’une société | 5 ans | À partir de la perte de personnalité morale ou de la radiation du RCS |
| Registre des procès-verbaux d’assemblées et de conseils d’administration | 5 ans | À partir de la fin de son utilisation |
| Double des bulletins de paie | 5 ans | Conservation par l’employeur ; des règles particulières existent pour les bulletins électroniques |
| Documents concernant contrats de travail, salaires, primes, indemnités et soldes de tout compte | 5 ans | Selon la nature précise du document |
| Registre unique du personnel | 5 ans | À partir du départ du salarié concerné |
Ces délais constituent des repères généraux et ne forment pas une liste exhaustive. Des règles particulières peuvent s’appliquer selon le type de document, l’activité de l’entreprise ou une situation contentieuse.
Source officielle : Entreprendre.Service-Public.fr — Quels sont les délais de conservation des documents pour les entreprises ?
Ne pas confondre statuts et procès-verbaux
Les statuts d’une société et les registres de procès-verbaux ne suivent pas exactement la même règle.
Les statuts sont indiqués comme devant être conservés pendant 5 ans à partir de la perte de personnalité morale ou de la radiation du RCS.
Les registres de procès-verbaux d’assemblées et de conseils d’administration sont, eux, indiqués pour 5 ans à partir de la fin de leur utilisation.
C’est donc le type exact de document qui doit déterminer la date de destruction, et non une durée uniforme appliquée à toutes les archives juridiques.
Peut-on conserver les documents plus longtemps ?
Une durée légale minimale ne signifie pas nécessairement que tous les documents doivent être détruits immédiatement une fois cette durée atteinte.
L’entreprise doit toutefois être particulièrement attentive lorsque les archives contiennent des données personnelles.
Le principe de limitation de la durée de conservation prévu par le RGPD impose de ne pas conserver indéfiniment des données personnelles sans justification.
Une fois leur durée utile ou légale dépassée, elles doivent, selon la situation, être supprimées, anonymisées ou faire l’objet d’un archivage justifié.
En cas de doute sur une catégorie particulière, vérifiez la réglementation applicable ou demandez conseil à votre expert-comptable, à votre conseil juridique ou au professionnel compétent pour votre activité.
Un box de self-stockage est-il adapté aux archives d’entreprise ?
Il peut l’être, mais pas automatiquement.
Le self-stockage peut être intéressant lorsqu’une entreprise souhaite conserver directement la gestion physique de ses cartons tout en libérant de l’espace dans ses locaux.
Avant de louer, il faut cependant vérifier plusieurs éléments :
- les usages autorisés par le contrat du centre ;
- les conditions d’accès ;
- les dispositifs de contrôle d’accès ;
- les caractéristiques du local ;
- les risques d’humidité ou d’infiltration ;
- la possibilité d’installer des étagères si nécessaire ;
- les conditions d’assurance ;
- les règles concernant l’accès de collaborateurs au box.
Un box classique ne doit pas être assimilé à un local d’archivage professionnel disposant automatiquement de conditions climatiques contrôlées.
Pour des documents particulièrement sensibles, fragiles, confidentiels ou destinés à une conservation longue, il peut être nécessaire d’étudier une solution d’archivage spécialisée.
Comment vérifier les conditions de conservation ?
Les archives papier doivent être protégées contre les situations susceptibles de les détériorer : eau, humidité excessive, salissures, écrasement ou mauvaises conditions de rangement.
Avant de choisir un box, examinez notamment les points suivants.
L’état du local
Le box doit être propre et ne pas présenter de signe visible d’infiltration ou d’humidité anormale.
Une boîte en carton, une housse ou une étagère ne peut pas compenser à elle seule des conditions de stockage inadaptées.
Le contact avec le sol
Évitez si possible de laisser les cartons directement au contact du sol.
Des étagères ou un support stable peuvent limiter le contact direct avec une surface sale ou accidentellement humide, sans pour autant constituer une protection contre l’humidité ambiante.
Les étagères
Si vous utilisez des rayonnages, vérifiez leur charge admissible et répartissez correctement le poids.
Les cartons contenant des documents peuvent devenir lourds une fois remplis.
Les cartons
Utiliser des boîtes de dimensions homogènes facilite le classement et l’organisation sur les étagères.
Une boîte en carton ordinaire ne doit toutefois pas être présentée comme une solution garantissant à elle seule la conservation à long terme de documents sensibles.
Pour des archives patrimoniales ou particulièrement précieuses, un conditionnement spécialisé peut être nécessaire.
Comment organiser ses archives dans un box ?

Une bonne organisation évite de devoir ouvrir plusieurs dizaines de cartons pour retrouver un document.
1. Classer par catégorie
Séparez par exemple :
- comptabilité ;
- fiscalité ;
- ressources humaines ;
- contrats ;
- documents commerciaux ;
- documents juridiques.
2. Classer ensuite par période
À l’intérieur de chaque catégorie, classez les documents par exercice ou par année.
3. Numéroter les cartons
Attribuez un numéro unique à chaque boîte, par exemple :
COMPTA-2025-01
ou :
RH-2024-03
4. Tenir un inventaire
Conservez un tableau indiquant au minimum :
- le numéro du carton ;
- son contenu ;
- la période concernée ;
- son emplacement dans le box ;
- la durée de conservation applicable ;
- la date prévue de réexamen ou de destruction.
5. Prévoir un accès aux cartons utiles
Les documents susceptibles d’être consultés régulièrement doivent rester accessibles.
Évitez de placer les archives les plus fréquemment utilisées derrière plusieurs rangées de cartons.
Organiser son box de stockage efficacement
Matériel utile pour organiser ses archives
Des boîtes d’archives de dimensions homogènes peuvent faciliter le classement par année ou par catégorie, notamment lorsque plusieurs dizaines de dossiers doivent être rangés sur des étagères.
Boîtes d’archives en carton
Ce type de boîte peut être utilisé pour regrouper et identifier les documents administratifs avant leur rangement dans le box.
Avant de choisir un modèle, vérifiez notamment :
- ses dimensions ;
- le format des documents qu’il peut contenir ;
- son système de fermeture ;
- sa compatibilité avec vos étagères ;
- la charge qu’il peut supporter selon les indications du fabricant.
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Quelle taille de box choisir pour stocker des archives ?

Il n’est pas fiable d’affirmer qu’un box de 2, 4 ou 6 m² correspond systématiquement à un nombre précis de cartons.
Le résultat dépend notamment :
- des dimensions des boîtes ;
- de leur poids ;
- de la hauteur réellement utilisable ;
- du type de rayonnage ;
- de la charge admissible des étagères ;
- de l’espace laissé pour circuler ;
- de la fréquence d’accès aux archives.
La meilleure méthode consiste à compter les cartons réellement à stocker, mesurer leurs dimensions et prévoir l’organisation des rayonnages avant de choisir la surface.
Pour des archives régulièrement consultées, conservez également une allée permettant d’accéder aux différents rayonnages.
Quelle taille de box de self-stockage choisir selon ses besoins
Archives et RGPD : quelles précautions prendre ?
Les archives papier peuvent contenir de nombreuses données personnelles : informations concernant les salariés, clients, fournisseurs ou autres personnes physiques.
Le RGPD peut également concerner des documents papier lorsqu’ils font partie d’un ensemble structuré permettant de retrouver des informations selon des critères déterminés.
L’entreprise doit notamment déterminer :
- quelles données doivent être archivées ;
- pourquoi elles sont conservées ;
- où et comment elles sont stockées ;
- qui peut y accéder ;
- pendant combien de temps elles doivent être conservées ;
- comment leur destruction sera organisée.
L’accès aux archives contenant des données personnelles doit également être limité aux personnes qui en ont besoin dans le cadre de leurs fonctions.
Le centre de self-stockage est-il un sous-traitant RGPD ?
Pas nécessairement.
Au sens du RGPD, un sous-traitant est un organisme qui traite des données personnelles pour le compte d’un autre organisme.
La qualification dépend donc du rôle réel du prestataire.
Si le centre met uniquement à disposition un espace de stockage sans intervenir dans le contenu des documents, la situation n’est pas nécessairement la même que celle d’un prestataire qui collecte, classe, numérise, consulte ou détruit des archives pour le compte de l’entreprise.
En revanche, lorsqu’un prestataire réalise effectivement un traitement de données personnelles pour votre compte, les obligations relatives à la sous-traitance et notamment l’encadrement contractuel prévu par le RGPD doivent être examinées.
En cas de doute, vérifiez la situation avec la personne chargée de la conformité RGPD dans votre entreprise ou avec un professionnel compétent.
Sécurité et confidentialité : que vérifier ?
Des archives professionnelles peuvent contenir des données confidentielles ou sensibles pour l’entreprise.
Avant de choisir un centre, vérifiez les dispositifs réellement proposés, par exemple :
- le contrôle d’accès au site ;
- les modalités d’accès au box ;
- les possibilités de gérer plusieurs utilisateurs autorisés ;
- les dispositifs de surveillance annoncés ;
- les conditions prévues en cas de perte d’un badge ou d’un code ;
- les modalités contractuelles concernant l’accès au box.
Du côté de l’entreprise, définissez également clairement qui est autorisé à consulter les archives.
Le niveau de sécurité nécessaire doit être proportionné à la nature des documents conservés.
La sécurité des box de stockage : tout ce qu’il faut savoir
Faut-il assurer les archives stockées dans un box ?
Les conditions d’assurance dépendent du centre et du contrat.
Ne partez pas du principe que les archives sont automatiquement couvertes par l’assurance proposée par le centre ou, à l’inverse, systématiquement exclues.
Avant de louer, vérifiez :
- si le centre exige une couverture ;
- si une assurance est proposée ;
- si votre contrat professionnel peut être utilisé ;
- quels événements sont couverts ;
- les éventuelles exclusions ;
- les plafonds ;
- les franchises ;
- la manière dont les documents professionnels sont évalués en cas de sinistre.
Les documents papier peuvent avoir une faible valeur matérielle tout en étant difficiles ou coûteux à reconstituer.
Demandez donc à votre assureur comment ce type de bien serait traité dans votre contrat.
Assurance garde-meuble : est-elle obligatoire et comment bien s’assurer ?
Self-stockage ou prestataire spécialisé dans l’archivage ?
Ces deux solutions ne rendent pas exactement le même service.
| Critère | Box de self-stockage | Prestataire d’archivage |
|---|---|---|
| Gestion des cartons | Principalement réalisée par l’entreprise | Peut être prise en charge selon la prestation |
| Accès | Direct selon les conditions d’accès du centre | Selon les modalités prévues au contrat |
| Inventaire et indexation | À organiser par l’entreprise | Peuvent faire partie de la prestation |
| Recherche d’un document | Réalisée par l’entreprise | Peut être proposée par le prestataire |
| Destruction sécurisée | À organiser par l’entreprise | Peut être proposée dans le contrat |
| Conditions de conservation | À vérifier pour le box choisi | À vérifier selon la prestation et le site d’archivage |
Il n’existe pas de solution systématiquement meilleure.
Le self-stockage peut convenir lorsque l’entreprise souhaite conserver un accès physique direct et gérer elle-même son classement.
Un prestataire spécialisé peut être plus adapté lorsque l’entreprise souhaite externaliser davantage la gestion des archives, leur indexation, leur récupération ou leur destruction.
Le choix doit se faire en fonction de la confidentialité des documents, du volume, de la fréquence de consultation et du niveau de service recherché.
Combien coûte le stockage d’archives d’entreprise ?
Le coût d’un box dépend notamment :
- de la surface ;
- de la localisation du centre ;
- de l’emplacement du box ;
- des conditions d’accès ;
- des services proposés ;
- de l’assurance ;
- de la durée de location ;
- des éventuelles promotions.
Il n’est donc pas pertinent d’affirmer qu’un box coûte systématiquement moins cher que la conservation des archives dans des bureaux ou qu’un prestataire spécialisé.
Pour comparer correctement les solutions, calculez le coût total sur la durée prévue, en incluant les équipements éventuels, le temps de gestion interne et les services dont votre entreprise a réellement besoin.
Prix du self-stockage : comment sont calculés les tarifs en France ?
Ce qu’il faut retenir
Le stockage d’archives d’entreprise dans un box de self-stockage peut constituer une solution pratique lorsque l’entreprise souhaite libérer de l’espace tout en conservant un accès direct à ses documents.
Cela ne dispense toutefois pas de vérifier :
- la durée légale applicable à chaque catégorie de documents ;
- les conditions de conservation ;
- la confidentialité et les personnes autorisées à accéder aux archives ;
- les obligations liées aux données personnelles ;
- les conditions d’assurance ;
- les caractéristiques du box et du contrat.
Pour les durées légales, utilisez une source officielle à jour et évitez d’appliquer une règle unique à toutes les archives.
Pour les documents particulièrement sensibles ou destinés à être conservés pendant une longue période, comparez également les caractéristiques d’un box classique avec celles d’un service spécialisé dans l’archivage professionnel.
Comment bien choisir son centre de self-stockage
FAQ — Stockage d’archives d’entreprise
Combien de temps une entreprise doit-elle conserver ses archives ?
Il n’existe pas de durée unique.
Les pièces comptables sont notamment conservées pendant 10 ans à partir de la clôture de l’exercice, tandis que de nombreux documents commerciaux ou sociaux suivent d’autres délais.
Le point de départ peut également varier selon le document. Vérifiez la catégorie exacte auprès d’une source officielle avant toute destruction.
Peut-on stocker des archives d’entreprise dans un box de self-stockage ?
Cela peut être possible si le contrat du centre l’autorise et si les conditions de conservation, de sécurité, d’accès et d’assurance sont adaptées aux documents concernés.
Pour des archives particulièrement sensibles ou fragiles, une solution spécialisée peut être préférable.
Quelle taille de box choisir pour les archives d’une entreprise ?
La surface nécessaire dépend du nombre et des dimensions des cartons, des rayonnages utilisés et de l’espace nécessaire pour circuler.
Il est préférable d’inventorier les cartons et de prévoir leur organisation plutôt que d’utiliser une équivalence générique entre mètres carrés et nombre de boîtes.
Les archives papier sont-elles concernées par le RGPD ?
Elles peuvent l’être lorsqu’elles contiennent des données personnelles et font partie d’un ensemble structuré permettant de retrouver les informations selon des critères déterminés.
Les règles de durée de conservation, de sécurité et de limitation des accès doivent alors être prises en compte.
Un centre de self-stockage est-il automatiquement un sous-traitant RGPD ?
Non.
La qualification dépend du rôle réel du centre. Un organisme est considéré comme sous-traitant lorsqu’il traite des données personnelles pour le compte d’un responsable de traitement.
Si un prestataire intervient directement dans la gestion des données ou des documents, sa qualification et l’encadrement contractuel doivent être vérifiés.
Comment organiser les cartons d’archives ?
Classez-les par catégorie et par période, attribuez un numéro à chaque carton et tenez un inventaire indiquant son contenu, son emplacement et la durée de conservation applicable.
Prévoyez également un accès facile aux documents régulièrement consultés
Faut-il assurer les archives professionnelles ?
Cela dépend des exigences du centre et de votre contrat d’assurance.
Vérifiez si les documents sont couverts, les risques garantis, les exclusions, les plafonds et les modalités d’indemnisation applicables aux archives professionnelles.





